La pratique du vélo a cela de surprenante que l’on peut rouler pendant des heures et des heures sans que rien ne se passe, et parfois rouler deux heures durant lesquelles l’imprévu est partout. Samedi 10 avril, lors de ma sortie d’entraînement du week-end, j’aurai vécu le meilleur puis le pire. En partance de Chambéry je voulais me tester sur le tour du lac du Bourget, mais très vite je croise deux jeunes irlandais, en train de boucler un tour du monde à vélo. Sans hésiter je vais à leur rencontre et leur propose de les accompagner sur le meilleur itinéraire pour Genève, qu’ils espéraient atteindre dans la journée. Nous naviguerons ainsi le long du plus grand lac de France, dont la beauté sera comparé aux grands lacs d’Asie centrale, dans un pur esprit de voyage et d’échange.
Premiers irlandais « tourdumondistes » (de ce que j’ai pu comprendre avec mon niveau d’anglais de français moyen), Simon et Fearghal arrivaient surtout du grand Est, avec une traversée intégrale de l’Eurasie depuis Shanghai. L’occasion rêvée pour moi de prendre des nouvelles fraîches de l’état des routes et autres conditions de voyage dans tels ou tels pays. J’obtiendrai ainsi des informations extrêmement intéressantes sur la partie chinoise qui m’attend et qu’ils avaient eux parcouru en sens inverse il y a quelques mois. Une vraie mine d’informations, plutôt rassurantes, sur une des zones du voyage les plus intrigantes pour moi.
Echanges de bons plans, point sur les visas, souvenirs communs sur l’ascension d’un col Kirghize ou encore sur le délice de brochettes de viandes surnommées chachlik , c’est sûr, en 1h30 de route, aux abords de la limite entre la Savoie et l’Ain, j’avais l’impression d’être déjà bien loin. Quelque part entre l’Irlande, l’Asie centrale et le rêve. Sur la route du retour, une heure plus tard, je serai renversé par une voiture qui, ironie du sort, était conduite par un irlandais…cherchant l’aéroport de Chambéry pour… rentrer chez lui après les vacances. En deux secondes je suis brutalement de retour sur terre !
Grosse frayeur, ambulance, 4 heures aux urgences et au final fracture du poignet.
A 21h je rentre chez moi, en boitant, un plâtre au bras gauche. Me reste deux mois pour réparer ce poignet blessé, mon esprit, lui, est déjà en route.







Même avec un seul bras tu y arriveras
Rédigé par : un ami | 11/04/2010 à 20:02