Une interview réalisée par Veloectrique.blogspot.com
Rallier la Savoie au Japon en 16000 km et 100 jours, voilà le défi que lance Florian Bailly. Un rien provocateur, il explique qu’en voiture ça irait à peine plus vite. Interview avec un aventurier qui va parcourir la terre sans y mettre les 1300 litres d’essence que nécessiterait une voiture.
Peux-tu te présenter et nous parler de ton projet en quelques mots?
4 ans après mes premiers pas dans l'aventure (de la Savoie à la Chine en vélo), je souhaitais fixer la barre encore plus haut, pour une aventure d'un type nouveau : une aventure à énergie renouvelable !
C'est donc à la fois une aventure, physique et humaine, mais aussi un défi technologique bien dans l'air du temps, en projetant de parcourir 2 continents grâce aux dernières technologies des énergies alternatives.
Fatigue, plaisir, mal aux fesses, rencontres... qu'avais-tu ressenti lors de ton périple en Chine?
De la fatigue et de la douleur bien sur, du plaisir assurément, des rencontres essentiellement. Au delà du dépassement de soi qu'implique un voyage en vélo, ce qui marque le plus in fine, c'est la richesse des rencontres et des découvertes inhérentes à l'aventure solitaire.
C'est cela que je pars rechercher de nouveau, mais cette fois en emportant avec moi les espoirs d'une « révolution » énergétique pour notre planète. Je pense que c’est un message qui touchera les personnes que je pourrai rencontrer dans les 12 pays que je vais traverser, notamment les peuples vivants dans des espaces sauvages, où les énergies naturelles sont concrètement ancrées dans le modes de vie ! Je l’espère en tout cas.
Construire un véhicule à moteur autonome sur 16000 km, voilà qui paraît incroyable. Un peu comme le mouvement perpétuel. Est-ce que la technologie du vélo électrique, en 2009, permet de relever le défi?
Seul un vélo électrique ne permet pas d'envisager un tel voyage, c'est une certitude. Il faut adjoindre au moteur électrique, une source d'énergie permanente, que l'on retrouve partout : le soleil.
Le vélo électrique doit donc être complété par un panneau solaire photovoltaïque, qui rechargera en continue une ou deux batteries de rechange. Ceci pendant mes heures de route bien sur (5 à 6 heures par jours), mais également pendant mes temps de pause, où le vélo restera au soleil pour continuer la recharge.
Ainsi donc je devrais être autonome en énergie en effet. An cas de mauvais temps sur plusieurs jours je me rabattrai sur la recharge des batteries par prises électriques classiques (le soir ou le midi), et si je ne trouve ni soleil ni prises électriques, et bien je devrais me débrouiller pour relier par ma seule force physique, la prochaine ville ou le prochain rayon de soleil !
Avec un moteur de 350W, ton vélo serait considéré comme une motocyclette au sens de la législation européenne. Peut-on vraiment dire que c'est un vélo?
Ca reste évidemment un vélo, car mon effort sera le même que sur un vélo normal. Seulement l'énergie du moteur me permettra de rouler plus vite (29km/h de moyenne, au lieu de 20 km/h avec un vélo classique), et l'énergie solaire me permettra d'aller plus loin (160 km par jours, au lien de 100 km avec un vélo classique), en me fournissant un niveau d'autonomie suffisant.
J'avoue bien volontiers que le respect, à la lettre, de la législation européenne en la matière n'est pas un objectif. Mon idée est vraiment d'inscrire le vélo comme une vraie alternative en terme de déplacement.
Avec ce projet je vais démontrer qu'un vélo électrique solaire, du fait que l'effort humain reste prédominant, est le véhicule terrestre à énergie renouvelable, le plus rapide ! Plus rapide qu'une voiture et qu'un scooter électrique solaire, qui demanderaient eux beaucoup trop d'énergie pour parcourir de telle distance journalière !
Ca c'est un véritable message d’avenir, qui excuse, à mon sens, le non respect de la législation.
16000 km, c'est aussi un enjeu pour une batterie qui supporte selon les technologies de 500 à 1000 cycles de recharge. Prévois-tu de changer la batterie?
Selon les calculs des chercheurs de l'Institut de l'Energie Solaire (INES), le partenaire technique de cette première, les batteries que j'utiliseraient auront chacune une autonomie de 60 à 70 km. Donc je ne devrais pas dépasser de trop la limite en terme de cycle maximum de recharge. Il n'est toutefois pas impossible que j'embarque plus de deux batteries, pour être tranquille.
Ca a l'air agréable ce voyage, est-ce que tu as une place supplémentaire sur ton vélo pour moi?
Malheureusement je vais devoir décliner la proposition car mon premier voyage m'a donne le goût du voyage en solitaire. Une prochaine fois peut être. Mais par contre je sera ravi de t'envoyer régulièrement des nouvelles, à la fois du montage du projet, et de sa réalisation.







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